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"YouTube et les sciences" - Mon mémoire de recherche !

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Bonjour !

Comme je l'avais brièvement indiqué dans ma présentation, je suis ici car mon mémoire de recherche tourne autour de la vulgarisation scientifique ! Précisément, les nouvelles formes de contenus de vulgarisation scientifique, par des vidéastes amateurs, change-t-elle la réception de la science par la société ?

/!\ UN PEU LONG /!\

Au gré de mes recherches et de mes visionnages, je suis tombé sur la Vidéothèque d'Alexandrie grâce à Nota Bene. D'ailleurs, pour mon corpus de chaînes, j'ai choisi ces vidéastes:
-E-penser (sciences généralistes)
-DirtyBiology (biologie insolite et décalée)
-Nota Bene (histoire)
-Cyrus North (philosophie)
-MicMaths (mathématiques)
-Linguisticae (linguistique)
-Usul2000, Axolot, S. Genvo, et d'autres qui vulgarisent des sujets en s'éloignant de la vulgarisation traditionnelle (et c'est précisément ce qui m'intéresse dans leur cas).

Voilà, la liste n'est pas fermée (mais j'ai essayé de garder les plus vus, pour avoir un socle plus dense), j'essayerai de m'entretenir avec au moins quatre de ces vidéastes dans les semaines à venir ! D'ailleurs, Ben, ou les autres, si vous lisez ceci... Smile

En tout cas je suis ravi de voir qu'il y a autant de chaines de vulgarisation répertoriées ici, je m'attendais à en trouver...je sais pas...50, à tout casser...mais alors plus de 250, ça non Shocked Bravo à tous !

Ci-dessous, mes hypothèses de recherche. Elles constituent en quelque sorte le fil conducteur de ma recherche, ce sont elles que je vais confirmer ou infirmer au fur et à mesure de mon avancée.

Hypothèse générale
Avec la diffusion et le partage simplifié de vidéos aux contenus pédagogiques et « pédagogisés », les sciences sortent du cercle très fermé des scientifiques pour s’ouvrir à tous les publics. Nous entrons dans un nouvel âge d’or de la vulgarisation scientifique.

Hypothèse de travail 1
Comme aux Etats-Unis, de nombreuses chaines dédiées à la vulgarisation scientifique sont apparues et forment aujourd’hui un véritable écosystème. Nait alors un cercle vertueux, ces vidéastes amateurs motivent d’autres vidéastes à vulgariser des objets scientifiques qui vont se lancer et s’intégrer à cet écosystème.

Hypothèse de travail 2
Pour autant, ces vidéos ne se suffisent pas à elles-mêmes. Elles remplissent un rôle intéressant, mais connaissent également des limites en termes d’approfondissement des sujets traités. Le format vidéo implique de romancer son propos, de le rendre intéressant à suivre grâce à l’image quitte à le sortir de sa réalité neutre et objective voire à omettre certaines données que le spectateur peut facilement oublier (noms, dates, chiffres).

Hypothèse de travail 3
Conscient que ce premier travail de vulgarisation, sorte de défrichage des théories scientifiques, n’est pas une finalité ni un aboutissement, ces vidéastes tentent d’aller plus loin. DirtyBiology et e-penser ont par exemple sorti un ouvrage de vulgarisation des thèmes qu’ils abordent régulièrement dans leurs vidéos. Des vidéos en partie créées à partir de lectures d’ouvrages scientifiques, peut-être même à partir d’ouvrages de vulgarisation. La boucle est bouclée.

Hypothèse de travail 4
D’autres vidéastes sont connus et remarquables pour leur travail. Quoiqu’il ne s’agisse pas forcément de vulgarisation scientifique, ces vidéastes YouTube en sont une nouvelle forme. La notion de vulgarisation scientifique évolue et prend une tournure parfois différente de la vulgarisation traditionnelle. La proximité avec le public spectateur, la présentation personnelle du vidéaste et ses idées personnelles, les liens et références entre une chaine et une autre, les « caméos » (apparition de vidéastes dans des vidéos d’autres vidéastes), de tous ces éléments émerge une nouvelle forme dérivée de la vulgarisation scientifique, intrinsèquement liée à cette nouvelle « culture horizontale ».


J'ai déjà pas mal avancé, je trouve. Disons que sur le calendrier je suis "bien", je suis dans les temps sans avoir non plus trop d'avance.

Voilà maintenant la partie que je suis en train de peaufiner, celle qui vous intéressera peut-être le plus: la structure de mon mémoire. Je n'ai pas encore de plan précis, mais je sais au moins à quoi ressemblera mon travail !

(je mets un bloc pour aérer un peu mon post) a écrit:Dans une première partie, je m'intéresserai à la vulgarisation scientifique. À la définition du concept, bien sûr, mais aussi à son évolution à travers le temps. J'analyserai également l'évolution de la perception des sciences par la société (en ce sens mes lectures ont été très fructifiantes), et cette analyse sera le fondement de notre réflexion: en effet, la vulgarisation scientifique sur Youtube et un prolongement, une évolution presque naturelle de la vulgarisation scientifique. Il est donc pertinent d'étudier la vulgarisation à la lumière de son évolution au fil du temps.

Ensuite, je m'intéresserai à l'amatorat, au "sacre de l'amateur", au développement de la "culture horizontale" et à Youtube. Il s'agira de s'intéresser spécifiquement à cette communauté, cet écosystème de vidéastes amateurs qui vulgarisent les sciences. Je dresserai une typologie des vidéastes et des procédés utilisés pour aborder les sciences (ici j'essaierai de contacter directement des vidéastes, m'entretenir avec eux pour leur poser des questions sur leurs façons de préparer les vidéos). Puis j'aborderai la question de la réappropriation de la vulgarisation scientifique, qui consiste à reprendre certains procédés de "pédagogisation" du contenu scientifique en en modifiant d'autres pour se démarquer (pas ou peu de distanciation, présentation du vulgarisateur, proximité avec le public, etc).

Enfin, je me pencherai sur la nouvelle réception -ou non- de la science par la société, à l'aide d'un questionnaire. Il s'agit ici de voir quelle est l'influence de ces vidéastes, à l'heure où certains dépassent les 500 000 abonnés, vivent de leurs vidéos et publient des ouvrages de vulgarisation en leur nom. Ces ouvrages sont par ailleurs intéressants dans notre recherche, car ils sont publiés par des "profanes", des amateurs qui sont certes passionnés, mais pas forcément qualifiés pour publier des livres de vulgarisation des sciences. Ces livres se vendent même relativement bien; se seraient-ils aussi bien vendus il y a dix ans, sans l'apport du public de Youtube ? Nous nous interrogerons alors sur les limites de la vulgarisation sur Youtube et sur leur hypothétique insuffisance.

Que pensez-vous de tout ça ?
Je suis preneur de toutes les pistes, vraiment. Si vous pensez que votre chaine YouTube mérite mon attention d'apprenti-chercheur, si vous avez des références à me conseiller (ouvrages, chaines YT, autres), si vous trouvez que quelque chose n'est pas clair, pas assez développé, qu'il manque des points importants, si vous avez d'autres choses en tête...je vous en prie, faites-moi-en part, ça ne pourra que m'aider et je serai ravi d'échanger avec vous !

Merci de votre attention, j'ai essayé d'aérer du mieux que possible ! Wink

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Je suis super intéressé par ton sujet et je suis très très curieux de voir quels conclusions tu vas en tirer de ton travail. Very Happy

Après il y a deux points que tu pourrais développer qui je pense peuvent être intéressant à développer :

-Le premier c'est lorsque que tu parles des limites du format vidéo qui je cite :
implique de romancer son propos, de le rendre intéressant à suivre grâce à l’image quitte à le sortir de sa réalité neutre et objective voire à omettre certaines données que le spectateur peut facilement oublier (noms, dates, chiffres)
.

C'est ma première interrogation c'est celle des sources, est-ce que le format vidéo est fait pour permettre un travail scientifique ? Je dis ça parce qu'ils sont peu à le faire et je reconnais que c'est une difficulté d'expliquer ses sources dans un format qui se doit d'être divertissant.

- la deuxième c'est la question des intellectuels, pourquoi les intellectuels ne se sont-ils pas approprier ce format qui potentiellement permet d'atteindre un public extrêmement large. En sont-ils incapables à causes de leurs faiblesses techniques dans le domaine de l'audio-visuel? Ca serait intéressant d'interroger d'interroger des universitaires pour connaître leur avis dessus je pense.

Je réponds un peu à côté mais j'espère que c'est des perspectives qui peuvent t'intéresser. Smile

Pardon pour l'orthographe, le portable c'est pas pratique pour écrire des pavés.

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Merci pour ta réponse !
Tes deux interrogations sont pertinentes. Concernant les sources, effectivement c'est une question que je poserai lors de mes entretiens avec les vidéastes (le premier sera Romain de Linguisticae, a priori !). Il est délicat d'expliquer ces sources, mais Léo de DirtyBiology y arrive très bien, en citant ses sources et en développant d'autres points (voire en redirigeant vers d'autres liens) dans la description des vidéos. Chose que ne fait pas toujours e-penser, par exemple, ni dans ses vidéos ni dans son livre Wink

Concernant les intellectuels, en réalité, cela existe. Mais le plus souvent via des formats plus institutionnels. Les universités ont des réseaux de vidéos (j'ai oublié le nom de celui de la mienne, à Nice...), mais effectivement ils ne sont pas plus mis en avant que cela. Ceci dit, certains s'en servent très bien, notamment le chercheur Sebastien Genvo qui parle de recherche dans le domaine du jeu vidéo sur sa chaine.

Merci en tout cas pour ta réponse, elle est tout-à-fait intéressante !

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implique de romancer son propos, de le rendre intéressant à suivre grâce à l’image quitte à le sortir de sa réalité neutre et objective voire à omettre certaines données que le spectateur peut facilement oublier (noms, dates, chiffres)
Le même point m'a fait tiquer, je ne vois pas de lien de cause à effet entre le format vidéo et la nécessité de "romancer" le propos. Omettre certaines infos n’est pas problématique pour moi (dans certaines mesures). Tout dépend du niveau de détail qu’on s’est fixé. Sans parler de ma chaine (j’ai encore bien trop peu de vidéos, d’abonné et de recul pour en tirer quelque conclusion que ce soit) mais de mon expérience en tant qu’éduc en astro, je simplifiais volontiers pour m’adapter á mon public (des classes allant du CM1 au collège), et je ne pense pas avoir « romancé » mon propos. Et puis si on prend des vidéastes comme MicMaths ou Scilab, leurs vidéos marchent très bien sans altérer quoique ce soit au propos scientifique (me semble-t-il)

Eumenès a écrit:
- la deuxième c'est la question des intellectuels, pourquoi les intellectuels ne se sont-ils pas approprier ce format qui potentiellement permet d'atteindre un public extrêmement large. En sont-ils incapables à causes de leurs faiblesses techniques dans le domaine de l'audio-visuel? Ca serait intéressant d'interroger d'interroger des universitaires pour connaître leur avis dessus je pense.
Peux-tu définir « intellectuels » Razz Parce que si c’est juste « chercheur » de manière générale, je peux te répondre tout à fait personnellement Wink

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Bonjour,

Je suis tombée par hasard sur poste. Je fais également un mémoire sur la vulgarisation scientifique sur YouTube, mais je m'intéresse à la conception et non à la réception. En tout cas, c'était super intéressant de te lire et de voir de quelle façon tu vas aborder le sujet Smile

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